Mood

Nice, 1 an après

Il y a 1 an, nous sommes passées à côté du pire, et je partageais ce que nous avions vécu ici. Nous avons eu énormément de chance par rapport à beaucoup d’autres qui on péri, d’autres qui ont toujours des séquelles physiques ou psychologiques.

Nous avons eu une bonne étoile qui nous a permis d’éviter d’être sur sa route et de « voir », qui nous a forcé à se précipiter dans une direction sans se retourner.

Comment vit-on au quotidien après avoir vécu cela ? C’est ce que je souhaitais partager ici, par écrit. Ce blog me permet de prendre la parole et de la partager, j’en saisi donc l’opportunité.


A mon retour je me suis sentie dans ma bulle, différente des autres, j’étais seule dans ma tête avec moi-même. Ensuite, on apprend à relativiser, à réagir autrement, à se soucier moins des futilités, à aimer plus, détester moins. Puis, le naturel revient car la vie quotidienne reprend son cours tout simplement.

Mais dans ma tête c’est une autre histoire. Je ne m’empêche pas de vivre, au contraire, je vis, mais dans la crainte. Mon cerveau se fatigue pratiquement chaque jour de chaque semaine depuis 1 an à imaginer des scenarii, à réfléchir à comment s’en sortir dans cette situation, et si ça arrivait là tout de suite ? Qu’est ce que je fais ? Comment je mets mes proches en sécurité ?
Mon entourage ne le voit pas forcément, tout se passe dans ma tête. J’ai peur d’aller au marché de Noël, mais j’y vais, j’ai peur des aéroports, mais je voyage. J’ai peur de la foule, mais je sers les dents…
Je regarde autour de moi, je dévisage, je m’éloigne, je suis parfois absente car je pense trop. J’arrive plus tard à un concert et je pars plus tôt. J’arrive à l’aéroport et je fais tout pour passer le contrôle au plus vite. Je suis dans une grande ville, je suis constamment sur mes gardes.
J’ai dû, à 27 ans, faire le deuil de l’insouciance.

Vis à vis de mon amie avec qui j’ai traversé cela, nous avons cicatrisé de manière différente, quand l’une a un peu trop peur, l’autre préfère ne pas y penser et se laisser vivre. Mais ceci est propre à chacune et ce qui est sûr, c’est que cela nous a rapproché pour toujours.
Si je dois définir mon ressenti à propos d’elle, je dirais en premier lieu que pour moi c’est grâce à elle que je suis vivante. Elle a influencé l’ensemble de notre soirée, en préférant s’arrêter plutôt ici que plus loin pour observer le feu, en préférant faire demi-tour car il faisait un peu froid et puis, parce que le 15 juillet est son anniversaire et que je me dis que c’est un peu grâce à ça aussi…
J’ai un sentiment de protection envers elle et je souhaite plus que tout son bonheur. Nos vie ne nous permettent pas de nous voir aussi souvent qu’on le souhaite, mais ce qui est sûr, c’est que lorsqu’on se voit, ça fait du bien.

Sinon, on avance en espérant qu’enfin un gouvernement un jour sera capable de nous protéger, on évite d’être en colère pour ne pas se bousiller la santé mentale, avoir peur suffit largement. Puis, on imagine un jour où tout cela derrière nous, un jour où nous aurons plus peur et où nous pourrons à nouveau vivre normalement…

 

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